13 juin 2024

ESPACEment: La pollution sur le fleuve Saint-Laurent vue autrement

L’artiste de l’année 2021 en Chaudière-Appalaches nommé par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), Jean-Sébastien Veilleux, présente une nouvelle œuvre au Musée Maritime du Québec. Dans cette sculpture qui utilise la réalité augmentée, il amène les gens découvrir comment le fleuve Saint-Laurent est affecté par la fragmentation des microplastiques. Jean-Sébastien Veilleux est photographe et cinémagraphe. Avec ses œuvres, il aborde souvent le thème de l’environnement de différentes manières. Pour « ESPACEment », il explique qu’il souhaitait mettre de l’avant l’impact de la fragmentation des microplastiques que l’on retrouve sur les berges et dans l’eau du fleuve Saint-Laurent. « Lorsque des gens font des corvées de ramassage, ils ramassent surtout les gros déchets. C’est bien, mais ces petits morceaux de plastique restent dans l’environnement et prennent aussi énormément de temps à se décomposer. » L’artiste travaille sur ce projet depuis environ trois ans. Il explique qu’il a été difficile pour lui de travailler sur ses œuvres durant la période pandémique car il y a toujours une démarche de participation citoyenne dans ses œuvres. Il a dû trouver une façon de faire participer les gens autrement. Jean-Sébastien a donc invité les citoyens de plusieurs municipalités le long du fleuve Saint-Laurent à prendre leur cellulaire et à lui envoyer des images des déchets qu’ils apercevaient sur les berges.

Ces images ainsi que celles capturées par l’artiste se retrouvent dans une mosaïque qui fait le tour de l’œuvre. La sculpture est surmontée d’une sphère en ciment recouverte de pastilles en bois de grève que l’artiste a récupérée de l’un de ses anciens projets. La sculpture a été installée près du fleuve dans le parc fluvial du Musée maritime du Québec. M. Veilleux a reçu l’aide de Charles Robichaud, technicien en muséologie et sculpteur, pour installer la structure.

Afin de découvrir les aspects cachés de l’œuvre, il faut se procurer l’une des visionneuses qui seront disponibles à l’entrée du Musée. Elle propose une application préinstallée qui s’active lorsqu’elle numérise le cylindre de la sculpture. Apparaissent alors de petites pastilles sur l’écran. En cliquant sur ces dernières, l’application se déploie et dévoile des images de débris dans le fleuve prises à la hauteur de la municipalité indiquée sur la pastille. Les gens peuvent ainsi découvrir des images prises un peu partout sur le fleuve Saint-Laurent et constater l’impact de la pollution sur ce dernier. Jean-Sébastien explique qu’il ne tente pas nécessairement, avec ses œuvres, de sensibiliser ou de faire la leçon aux gens sur l’environnement. Il veut simplement les amener à réfléchir ou à discuter des aspects auxquels on ne pense pas beaucoup, comme la fragmentation des microplastiques dans ce cas. Selon l’artiste, l’installation devrait rester au Musée pendant au moins les trois prochaines années. Elle pourrait ensuite être déplacée dans d’autres municipalités afin d’être présentée à un autre public.

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