18 juillet 2024

Teknion et Formaca : la personne d’abord, le travail ensuite…

Est-ce que Formaca peut faire quelque chose pour l’entreprise Teknion en termes de main-d’oeuvre ou est-ce plutôt Teknion qui peut soutenir Formaca dans sa vision de développement des individus? Si vous avez opté pour la 2e option, vous avez misé juste! Formaca, selon sa vision, est déterminée à devenir une référence en matière de création d’emplois adaptés valorisants et stimulants tout en maintenant un équilibre entre le mieux-être des employés et la croissance de l’entreprise. Pour y arriver, elle doit évoluer en fonction de la capacité de ses travailleurs à suivre le rythme des opérations journalières. Il faut alors que des entreprises comme Teknion acceptent d’ouvrir leurs portes et de confier des responsabilités à ces personnes différentes en respectant des valeurs telles la valorisation, le mieux-être, le travail d’équipe et l’adaptabilité. Aujourd’hui 86 personnes, dont une quinzaine dans l’équipe de gestion, oeuvrent au sein de Formaca, cette organisation ayant pignon sur rue derrière l’aréna de Montmagny, dans les bâtiments servant jadis aux gestionnaires de l’exposition agricole. Les étables renfermant les enclos pour les animaux ont d’ailleurs été modifiés afin de servir d’entrepôt pour les livraisons de bois, la matière première principalement utilisée à l’intérieur de l’usine de transformation ou d’assemblage de multiples produits, selon les mandats confiés. Cette entreprise d’économie sociale offre des emplois valorisants à des personnes ayant des limitations physiques ou intellectuelles, ou encore qui vivent certaines difficultés d’intégration en société. Ces travailleurs sont référés par le Service externe de main -d’oeuvre (SEMO) de Chaudière-Appalaches. Au dire d’Élisabeth Caron, directrice générale de Formaca, le top 5 des entreprises qui sollicitent leurs services offrent presque la totalité des contrats. Il peut s’agir d’assemblage de pièces, de la coupe de poteau d’arpentage, de la confection de palettes pour le transport de marchandise ou encore de séparateurs servant à la protection de produits pour des fins de transport, notamment. Du groupe, Teknion occupe le haut du pavé en termes de location de services, en compagnie de Ressort Liberté, Groupe Promax de Québec et IEL (Industries & Équipements Laliberté), dans Bellechasse. Emploi Québec verse d’importantes subventions pour permettre un encadrement qualitatif mais les utilisateurs de services paient aussi un pourcentage pour la location de cette main-d’œuvre, un chiffre d’affaires dépassant les 3,1 M $ au cours de la dernière année. « On ne le fait pas pour une raison d’économie parce que des coûts sont engendrés pour notamment transporter nos composantes. On le fait parce que cela permet d’améliorer notre productivité, parce que nous pouvons affecter nos employés à des tâches plus complexes et cette stratégie est importante dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre que nous vivons. Nous sommes aussi conscients que, en tant que bon citoyen corporatif, nous devons contribuer à l’épanouissement des gens », explique Martin Pelletier, des ressources humaines chez Teknion. Ce dernier précise que, en considérant leur degré d’autonomie et leur capacité d’adaptation à un nouvel environnement, certains candidats peuvent même être affectés à l’usine dans le parc industriel. Il s’agit d’employés différents, mais avec une capacité de produire dans un environnement normal. Naturellement, Formaca s’occupe de l’encadrement en milieu de travail, plus exigent. « On ne les évalue pas sur la base de la productivité mais sur la qualité du travail accompli. Il faut savoir respecter les limitations » explique Mme Caron. Leur présence fait en sorte de permettre à des employés réguliers d’être affectés à d’autres fonctions plus complexes. Je précise que le lien d’emploi demeure toujours avec Formaca. Diane Fiset de Teknion opère en lien avec les quatre employés qui ont obtenu la possibilité de travailler en usine : « Nous avons sans cesse plus de sous-traitance avec Formaca. C’est une belle découverte. Chez nous, on pense à eux, on s’adapte et tout le monde s’engage. On sait qu’on ne peut pas toujours les déplacer comme on le souhaiterait pour ne pas les déstabiliser. Cependant, ils sont valorisés par le travail en usine car ils suivent des gens normaux ».

Teknion et Formaca transposent une saine relation d’écoute et de confiance mutuelle. Dans le cadre du mois sur l’économie sociale, voilà un beau clin d’œil concernant ce modèle d’entrepreneurship et une réflexion, à savoir : pourrions-nous leur confier des mandats?
En faire plus, toujours plus… Opérationnelle depuis une vingtaine d’années, Formaca veut en faire plus et invite les dirigeants d’entreprises à solliciter l’expertise de ses travailleurs afin d’évaluer leur apport potentiel. Élisabeth Caron, directrice générale, souhaiterait voir le développement des affaires passer de 3,1 M $ à 4 M $, principalement en sous-traitance industrielle, idéalement dans les produits dérivés du bois. Elle aimerait que des portes s’ouvrent afin de mousser les avantages liés à l’utilisation de ses employés différents. Une vingtaine de travailleurs sont présentement en disponibilité. « Nous pourrions produire davantage. Nous avons chez nous des personnes dans l’attente d’un emploi. Voilà pourquoi nous investissons beaucoup d’énergie dans le développement des affaires », explique Mme Caron. Pour les entreprises éprouvant des besoins de production de base comme l’assemblage de pièces ou la coupe du bois, il s’agit là d’un véritable encouragement social.