Quand on s’ennuie ou… qu’on manque d’argent!

Éric Maltais
Quand on s’ennuie ou… qu’on manque d’argent!
Sonia Proulx et Suzanne Gagné, du C.A.R.E.

Le bassin de main-d’œuvre a atteint un niveau si peu élevé que bon nombre d’entreprises acceptent maintenant que des retraités dans la soixantaine, entre 60 et 70 ans, puissent travailler trois, deux et même une seule journée par semaine!

Ce phénomène surprend d’ailleurs Suzanne Gagné et Sonia Proulx, du Centre d’aide et de recherche d’emploi (C.A.R.E.) des MRC de Montmagny et de L’Islet, qui ont occupé un kiosque pendant les deux jours du Rendez-vous Affaires tenu la semaine dernière à La Pocatière. Ces deux spécialistes en relations de travail ont participé à l’événement avec le but avoué de répondre à un questionnement bien simple : est-ce que nos entrepreneurs et manufacturiers accepteraient d’embaucher cette clientèle dans la soixantaine qui désire réintégrer le marché du travail?

« Certaines personnes découvrent après un an ou deux à la retraite que le temps passe moins vite qu’ils pensaient. Dans le fond, 50% de cette clientèle a besoin de sociabiliser dans un environnement de travail alors que l’autre 50%, c’est bien simple, s’aperçoivent qu’ils manquent d’argent pour se permettre de vivre le rythme de vie désiré », avance Mme Gagné.

Mmes Proulx et Gagné ont aussi profité du moment pour sonder le terrain à savoir qu’elles sont les postes ou types de tâches que les employeurs souhaiteraient confier à ces travailleurs occasionnels, sur quel quart de travail et à quelle période de l’année.

Y-a-t-il des critères et des compétences recherchés et où se situe le lieu de travail? Quel salaire entendez-vous verser et avez-vous une certaine flexibilité? La cueillette de ces données permettra d’orienter les actions futures afin de mieux répondre aux besoins.

« Les gros employeurs, ceux qui recherchent 20, 30 ou encore 80 travailleurs, nous sommes incapables de répondre à leur demande car nous n’avons pas de curriculum vitae. Ils n’ont pas le choix de se tourner vers l’immigration. Nous, notre clientèle a bien souvent travaillé plus d’une trentaine d’années au même endroit, ils viennent nous voir car ils souhaitent du changement dans leur vie et ignorent comment rédiger un C.V. Ils veulent parfois voir si le gazon est plus vert ailleurs. Ils peuvent s’apercevoir que ce n’est pas mieux non plus », ajoute Mme Gagné.

D’autres proviennent de la fonction publique, ils sont heureux de leur carrière. Ils affichent une parfaite santé et ont envie de vivre autre chose. Ces futurs travailleurs souhaitent cependant œuvrer dans un cadre avec une certaine flexibilité. On parle d’une main-d’œuvre travaillante.
Bref, Mmes Proulx et Gagné affichent un optimisme certain quant à de futurs arrimages avec les besoins des entreprises et les possibilités offertes par des travailleurs retraités. Des campagnes promotionnelles seront d’ailleurs menées en ce sens.

« Des C.V., on n’en a plus. Quand nous en avons deux ou trois à donner à une entreprise, on est contentes », conclut Mme Gagné. Les personnes intéressées peuvent dès maintenant obtenir auprès du C.A.R.E. de l’information sur les emplois disponibles selon leur disponibilité.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires