Une seconde chance en cadeau

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Par Céline Chabot
Une seconde chance en cadeau

Que représente Noël en famille d’accueil pour un enfant ? L’Oie Blanche a rendu visite à un couple de la région hébergeant présentement quatre bambins âgés entre un et six ans. Entrons dans leur univers, à la fois typique et particulier.

Martin et Sophie* ont tous deux fait carrière dans des domaines où conflits et misère humaine étaient synonymes de pain quotidien. Se sentant impuissants face à ce qu’ils voyaient et entendaient, ils souhaitaient éventuellement s’impliquer de façon personnelle afin d’améliorer le quotidien de tout-petits moins choyés par la vie.

Un long processus
Voilà ce qu’ils entreprirent une fois retirés de leur profession respective : transformer leur demeure en foyer d’accueil. Une fois cette décision prise, ils devaient toutefois patienter avant de remplir toutes les conditions. Passons les détails liés à la formation, les normes de sécurité, les critères d’admissibilité… il leur aura fallu un an avant d’accueillir un premier enfant. Les demandes étant considérables, ils recevaient toutefois des appels avant même d’avoir obtenu leur accréditation.

Intégration dans la famille élargie
Notons qu’ils avaient déjà, chacun de son côté, fondé une première famille : un fils et deux filles dans la vingtaine pour Martin, trois ados dont des jumeaux pour Sophie. Ces derniers sont d’ailleurs toujours à la maison. Situation délicate? Pas si chacun y met du sien. Un exemple nous est donné, qui parle de lui-même : une toute petite qui n’avait pipé mot depuis des mois était devenue une enfant enjouée trois semaines seulement après son arrivée. Rien de plus valorisant pour des gens qui, loin de vouloir remplacer les parents naturels, cherchent simplement à faire connaître un autre monde à ceux qu’ils prennent sous leur aile. « Il ne faut jamais oublier que ce ne sont pas nos enfants ». Chacun s’en tient donc à son rôle et le leur consiste à appliquer un baume sur les plaies, protéger, éduquer et… aimer mais cette dernière partie s’impose d’elle-même. Le couple tient à inculquer aux enfants principes et valeurs qui feront en sorte que plus tard ils sauront faire les bons choix. Peu importe la durée du séjour, ils assurent d’une même voix « On est là pour le meilleur et pour le pire et on va être là le temps qu’il faudra ».

Alors Noël, dans tout ça?
C’est leur fête préférée, bien sûr! « On attend juste que l’Halloween passe. » Les décorations apparaissent graduellement dès le 1er novembre et les enfants y participent avec grand plaisir. Il y a des sapins partout! Quoi de mieux que la musique, ensuite, pour les mettre en contexte? Gare à celui qui l’oubliera… Tous attablés le matin autour de l’îlot de cuisine, il n’est pas rare d’entendre : « Martin, t’as oublié la musique de Noël! » La même chose se répète au souper. Les films ne sont pas en reste. C’est qu’ils emmagasinent des souvenirs à la vitesse grand V, ces petiots, et associent spontanément une chanson liée à un film. À ce chapitre, rien de tel paraît-il qu’une chanson de Noël fredonnée par papa ou maman au coucher pour expédier l’enfant agité tout droit chez Morphée.

Évidemment, les lettres ont été dûment postées au Père Noël.

D’une génération à l’autre
Les sons émanant de l’accordéon et du violon de son père rappellent à Martin d’heureux moments. Il devient même un brin nostalgique en se les remémorant. Du côté de Sophie, Noël est symbole de joie et de fête. Évidemment tous participent aux réjouissances chez les grands-parents – naturels ou non.

Le lutin coquin
Il est venu à nos oreilles, en toute fin d’entrevue, que des choses étranges se passaient la nuit dans cette demeure, par ailleurs confortable et accueillante. En effet, du 1er au 24 décembre inclusivement, chaque matin les membres de la famille trouvent à leur réveil un quelconque méfait perpétré par Alain le lutin. Ici un léger dégât, là des céréales volatilisées… les mauvais coups se répètent chaque jour jusqu’à Noël, ce qui, faut-il le préciser, a le don d’enchanter les enfants. Nul doute, Alain le coquin les tient tous sur le qui-vive.

Nul doute non plus que ce couple connaît bien son rôle et n’empiétera pas sur celui des parents naturels. Ils parlent plutôt de coparentalité et, foi de lutin, ça semble extrêmement bien fonctionner!

* Prénoms fictifs.

Le programme jeunesse du CISSS est actuellement en période intensive de recrutement de postulants intéressés à devenir famille d’accueil. Si l’histoire de Martin et Sophie vous a inspiré, on vous invite à visionner la séance d’information au www.cisssca.com/fa

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