Vivre en… gang? – Les lits à une place… ou la cohabitation comme alternative

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Par Céline Chabot
Vivre en… gang? – Les lits à une place… ou la cohabitation comme alternative
À défaut de « bâtons de vieillesse », la tendance est au vivre ensemble.

Maison de retraite, résidence pour aînés, habitation destinée aux personnes autonomes ou semi-autonomes… Ce qui s’avère une solution adéquate pour certains représente, pour d’autres, une véritable hantise. Il existe pourtant des alternatives appréciables à prendre en considération.

Déjà en 1980 l’écrivaine Françoise Dorin cristallisait, avec Les lits à une place, un concept qui aujourd’hui fait rêver nombre de Baby Boomers. Plusieurs Scandinaves l’ont adopté, y voyant une solution efficace aux problèmes liés à la solitude, au manque de ressources financières* et à la perte d’autonomie. Comme divers modèles existent déjà, à savoir une maison à aires communes et chambres privées; un immeuble à logements acheté entre copains; un village composé uniquement de maisonnettes… pour ne nommer que ceux-là, appelons simplement ce concept : cohabitation à géométrie variable.

Histoire de mieux comprendre ce qui puisse motiver pareil choix, voici un résumé esquissant à grands traits la place des aînés** dans la société moderne, selon l’époque.

Hier

Les familles, nombreuses, vivaient sur la terre familiale de génération en génération. Ils étaient donc plusieurs pour prendre soin de leurs parents vieillissants. Des demeures spacieuses, une main-d’œuvre abondante, un potager fertile et une culture foisonnante assuraient à l’année des garde-mangers bien garnis. À l’époque, les gens fabriquaient de tout avec un rien. Résultat : ils devenaient drôlement débrouillards et savaient jouer plusieurs rôles vis-à-vis leurs aînés, dont celui de « garde-malade ». L’aïeul demeurait donc dans sa propre maison jusqu’à son dernier souffle.

Aujourd’hui
La génération sandwich s’occupe à la fois des enfants et des parents. Prise entre les deux, elle risque de s’épuiser et de négliger sa propre santé ou sa qualité de vie. Ici, la maison bigénérationnelle s’avère une solution intéressante pour qui veut éviter de courir à hue et à dia à longueur de semaine. Comme ce n’est évidemment pas accessible à tous, certains aînés seront « placés » mais maintenant la plupart choisissent eux-mêmes de « casser maison ».

Fatigués de pelleter et de tailler la haie mais encore en bonne santé, ils optent pour un style de vie différent leur permettant de profiter des années à venir sans les lourdes responsabilités qui incombent à un propriétaire.

Demain
Les valeurs et modes de vie ayant considérablement évolué ces dernières années, il faut s’attendre à ce que les rejetons des Baby Boomers vivent leur vie librement, en toute indépendance. Ainsi agiront-ils en fonction des valeurs que leurs propres parents leur auront inculquées. Ceci dit, il faut bien sûr prendre en considération le fait que plusieurs paramètres ont changé la donne au cours du siècle dernier, notamment en matière de santé et de longévité. De là cette nouvelle tendance que représente la cohabitation entre amis retraités et autonomes, en couple ou non.

Ainsi donc quand Ginette, Claudette, Martin et Germain se retrouveront seuls demain, ils auront tout à gagner en unissant leurs forces et leurs talents. De cette façon formeront-ils une nouvelle famille, qu’ils auront choisie. À eux de définir la forme que prendra cette dernière, partant du principe élaboré par Françoise Dorin dans un formidable roman écrit il y a 40 ans.

* Revenu d’emploi médian dans les MRC de Montmagny et L’Islet en 2017 : 37 600$.

** Sur une population totale de 40 300 personnes dans Montmagny-L’Islet en 2018, 10 800 (soit plus du quart) étaient âgées de 65 ans et plus. (Source : Institut de la statistique Québec)

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