21 juin 2024

La quête de JSland

En plus de parcourir les quatre coins de nos belles MRC de Montmagny et L’Islet, moi, Jean-Sébastien Tremblay, j’ai décidé de m’y enraciner en y achetant ma première propriété, mon propre JSland (JS pour Jean-Sébastien, land pour terre, donc la Terre de Jean-Sébastien) il y a maintenant plus d’un an, à l’hiver 2023. Dans ce marché immobilier stéroïdé malgré la hausse des taux d’intérêt, où les vendeurs exigent des prix d’or pour une bicoque parce que les acheteurs s’entredéchirent pour les acquérir, mon parcours a été aussi déjanté que celui de Kyle Macdonald, qui a réussi à troquer un trombone rouge pour une maison saskatchewanaise en 2016. Voici mon histoire.

À la base, mes critères de recherche sont dans la moyenne des autres premiers acheteurs au niveau du prix et de la superficie souhaitée. Comme j’ai toujours été un passionné de l’immobilier, de rénovations et de design, je n’ai pas peur de me salir les mains. Je souhaite simplement que mon achat soit situé à moins de trente minutes de Montmagny.

Nous sommes à l’hiver 2023. Je me rends, anxieux, à ma première visite. L’immeuble est mal situé, mais il semble être en bon état de l’extérieur. L’étage principal est vaste et bien entretenu sans être au goût du jour. Le deuxième étage a clairement besoin d’amour, ce qui ne m’effraie pas. Par contre, je souhaite explorer le marché avant de me poser et cette propriété s’envole. D’ailleurs, celle-ci est remise sur le marché presque un an plus tard pour un prix de vente nettement supérieur, malgré qu’une inspection ait depuis révélé qu’elle est affectée d’importants vices et qu’aucune amélioration n’ait été effectuée.

Au printemps 2023, je visite une maison unifamiliale en bon état située sur un boulevard passant. J’entre. Je fais deux enjambées pour traverser le salon d’allure quelconque. J’en fais deux autres, je traverse la cuisine et la salle à manger pour me retrouver au pas de la porte arrière. Je monte à l’étage en me frappant la tête au le plafond. J’en conclut que, malheureusement, à 1,75 mètre, je ne suis pas un schtroumpf. Dans la même semaine, j’en visite une autre semblable, mais dont les fils électriques parcourent les murs intérieurs. Quand même, le vendeur a pris soin de les peindre de la même couleur que les murs, quelle délicatesse!

Quelques semaines plus tard, je trouve une propriété qui me plait. Celle-ci nécessite plusieurs travaux importants. Néanmoins, sa taille et son emplacement me conviennent. Je fais une offre, comme plusieurs autres acheteurs potentiels, et je perds la surenchère. Au cours de l’été, la maison est rénovée avec soin. Elle est maintenant louée à des entreprises pour y loger leurs travailleurs étrangers.

À l’automne 2023, je visite une autre maison unifamiliale qui me convient. Elle est bien située, de taille convenable et sa charpente est solide, même si son décor et sa finition sont bleus et roses, héritages typiques des années 1980 – 1990. Bien évidemment, les travaux requis sont tout à fait dans ma palette. Or, trente minutes après ma visite, une offre d’autres acheteurs est acceptée. La semaine suivante, cette maison est remise sur le marché, en location cette fois, pour un loyer mensuel élevé.

Plus récemment, à l’hiver 2024, je me suis intéressé à un autre projet qui me stimulait. En fait, pour que je puisse faire de cette propriété mon JSland, je dois convertir une partie de celle-ci, un local commercial désaffecté, en espace résidentiel, ce qui nécessite un changement de zonage. La municipalité m’informe que cette procédure est longue et complexe et que ses chances de succès sont faibles. Je n’ai pas d’offre. Le local commercial est, encore aujourd’hui, désaffecté.

Lors de ma dernière visite, je constate d’abord que la résidence, qui correspond à mes critères sur papier, est en retrait de la route et que plusieurs caméras de surveillance y sont installées. À l’intérieur, certains éléments particuliers du décor attirent mon attention. Je comprends alors que le vendeur ne l’avait fort probablement pas quittée au volant d’un camion de déménagement, mais sur la banquette arrière d’une autopatrouille de la Sûreté du Québec. Globalement, tout au long de la visite, j’ai ressenti un profond inconfort. Je suis donc passé outre.

En conclusion, plus d’un an après le début de ma recherche, je suis toujours en quête de mon Jsland. Tout au long de mon parcours, j’ai rencontré des professionnels de l’immobilier compétents, passionnés et honnêtes. Néanmoins, ils naviguent comme nous tous dans les eaux troubles de ce marché indomptable.

Pour ma part, je n’ai pas perdu espoir de trouver mon Jsland en Côte-du-Sud. Mes passions pour l’immobilier, la rénovation et le design sont intactes et je me dis qu’un jour, une propriété sera mienne. Mes échecs immobiliers n’ont pas nui à mon enracinement en Côte-du-Sud, car les amitiés que j’y ai créés et les expériences extraordinaires que j’y ai vécues ont fait de moi l’un d’entre vous.