14 janvier 2026

Fermeture d’écoles : Une politique nécessaire, mais critiquée

Le Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (CSSCS) a tenu deux consultations publiques dans le cadre de l’adoption d’une nouvelle « Politique de maintien et de fermeture des écoles et de modification de certains services éducatifs dispensés dans une école ». Cette dernière vient dicter la marche à suivre et les critères qui guident le CSSCS dans sa prise de décision de fermer ou non une école. Plusieurs membres de la communauté sont toutefois d’avis que cet outil permettra à l’organisation de fermer plus facilement les petites écoles.

Avant la période de consultation, la direction de CSSCS, soit la directrice générale Rachel Bégin et la directrice générale adjointe Renée Grégoire, ont expliqué à l’assemblée qu’il était nécessaire de mettre à jour la politique en vigueur qui est maintenant désuète et les principaux points qui ont été modifiés par rapport à la version précédente. « Une consultation publique, c’est quelque chose qu’on prend au sérieux. L’objectif c’est de vous entendre. On rédige les points de la politique, puis c’est l’intelligence collective qui fait en sorte qu’on modifie certaines choses et qu’on améliore la politique pour qu’elle soit la plus adéquate possible pour l’organisation et les services scolaires », a mentionné Mme Bégin, en début d’assemblée, à la cinquantaine de personnes qui s’étaient déplacées pour la consultation de Montmagny.

Selon Mme Bégin, le conseil d’administration souhaite la mettre à jour depuis 2022 environ, car plusieurs facteurs ont changé depuis la dernière politique qui avait été adoptée en 2008. Par exemple, la clientèle a augmenté d’environ 13 %, mais de façon inégale sur le territoire de couverture du CSSCS, la Commission scolaire est devenue un Centre de services scolaire régi par un conseil d’administration, pénurie de main-d’œuvre spécialisée pour plusieurs établissements, etc.

La dernière école du village
Certains aspects de la nouvelle politique semblaient toutefois déranger la plupart des élus et parents qui ont pris la parole devant le CSSCS.

La nouvelle mouture remplace les seuils minimums chiffrés à respecter pour assurer le maintien des services dans une école par cinq caractères qualitatifs, soit les services éducatifs, les ressources humaines, le transport scolaire, les ressources matérielles et les ressources financières. Le CSSCS soutient que les seuils chiffrés n’étaient déjà pas respectés pour plusieurs petites écoles et que ces critères permettront d’évaluer les différentes situations plus en profondeur avant de prendre une décision qu’en se fiant seulement sur le nombre d’inscriptions. Les opposants semblent toutefois d’avis que ces critères qualitatifs mèneront à des décisions moins objectives que les seuils chiffrés.

Le retrait de l’appellation « dernière école du village » et de son importance au cœur d’une communauté est aussi un point qui a été abordé à plusieurs reprises. Le CSSCS est toutefois d’avis qu’elle n’avait plus lieu d’être, car seulement trois municipalités sur l’ensemble de son territoire ont plus d’une école.

Finalement, le retrait de la possibilité d’une participation financière d’une municipalité pour le maintien des services scolaires a été contesté à plusieurs reprises. Le CSSCS a souligné que cette option a été enlevée, car il est injuste que les municipalités plus riches puissent payer pour le maintien de leurs services alors que plusieurs ne peuvent pas se le permettre.

Équité ?

Le mot équité était au centre des discussions lors de la soirée de consultations à Montmagny. En effet, le CSSCS soutient qu’il a le devoir d’être équitable envers tous les élèves qu’il dessert, donc d’avoir une vision plus régionale que locale pour s’assurer que tous les élèves ont des services équivalents. Certains parents et élus qui ont pris la parole trouvent toutefois que la politique ne fait pas preuve d’équité, car elle permettrait de fermer plus facilement des écoles dans de petites municipalités, donc de couper ce service de proximité pour ses élèves qui devront désormais voyager.

Certains participants ont également critiqué la formule des séances de consultations publiques du CSSCS où il faut s’inscrire et envoyer sa question d’avance afin d’avoir le droit de parole lors de l’assemblée. La nouvelle politique prévoit également un ordre de passage en fonction du rôle qu’occupe la personne qui souhaite intervenir et les parents d’élèves seront les derniers à prendre la parole après les élus, le personnel, etc.

Rappelons que, bien que des séances publiques sont tenues, la décision finale sur la politique revient au conseil d’administration du CSSCS. Les séances servent à écouter l’opinion du public sur son projet, mais les administrateurs à pouvoir influencer le contenu de la politique. Elle sera adoptée ou non, avec ou sans modifications, lors de la prochaine séance publique.

Articles reliés