Le communautaire à « boutte » : des organismes de la région se mobilisent
Une importante mobilisation nationale des organismes communautaires a lieu du 23 mars au 2 avril sous le nom « Le communautaire à boutte », alors qu’elle vise à rappeler l’importance du travail réalisé par le milieu communautaire et à réclamer des conditions permettant aux organismes de poursuivre leur mission auprès de la population.
« Dans le contexte actuel au niveau de la société et de l’économie, où il y a de l’appauvrissement, des problèmes de logement et de transport, si les 4000 organismes communautaires du Québec n’étaient pas là, ce serait le chaos total. Puis, c’est ça que les gouvernements doivent comprendre. En 30 ans, c’est le plus gros mouvement que j’ai vu du communautaire », dénonce la directrice du Centre-Femmes La Jardilec, Christiane Bourgault.
Cette mobilisation « Le communautaire à boutte » est née à Shawinigan et dans Mékinac lorsque « des groupes de base ont refusé de se taire face à des conditions de travail devenues indécentes », peut-on lire sur la page de l’événement.
Pour ce faire, du 23 mars au 2 avril, il y a plusieurs moyens de pression prévus pour la cellule locale de Montmagny-L’Islet.
Le 23 mars, il y aura une action médiatique à la radio. Le 24 mars, il y aura un communiqué de presse et une photo de groupe. Le 25 mars, il y aura une grève, suivie d’une vidéo avec des témoignages, et ce, le 26 mars.
Par la suite, le 27 mars, il y aura une action régionale. Le 30 mars, ce sera une rencontre avec le député Mathieu Rivest au Café Tempête. Le 31 mars, ce sera une vidéo témoignage, suivie du 1er avril avec la fabrication d’affiches. Puis, le 2 avril, ce sera la grande mobilisation à l’Assemblée nationale, où il y a déjà deux autobus remplis au moment d’écrire ces lignes.
« On n’est pas dans notre salon à ne rien faire. La plupart des organismes réduisent leur nombre d’activités en compensant avec de l’éducation populaire et de la sensibilisation », mentionnent les différentes intervenantes des organismes.
Pour l’instant, le Journal a appris que l’organisme l’ABC des Hauts Plateaux fermera ses portes du 23 mars au 2 avril.
« J’ai déjà confirmé à plusieurs acteurs scolaires et sociaux qu’on ne serait pas là pendant deux semaines, puis, il y en a qui ont répondu qu’ils nous soutenaient et d’autres qui n’ont rien dit du tout. Ça va avoir un impact, c’est sûr », confie la formatrice chez l’ABC des Hauts Plateaux, Mélanie Desrosiers.
Le mouvement porte plusieurs revendications visant à assurer la continuité et la reconnaissance du travail des organismes.
Parmi ces revendications, il y a des conditions de travail décentes pour les travailleurs du communautaire, un financement suffisant à la mission des organismes, une reconnaissance pleine et entière du rôle des organismes communautaires et la protection de l’autonomie des organismes, ainsi que la fin du financement précaire.
« En 30 ans, c’est la première fois que je vois dans un mouvement communautaire que le CISSS nous écrit, car ils sont inquiets en nous demandant de leur indiquer nos intentions durant la semaine. [...] Maintenant, est-ce que ça va changer ? On l’a vu dans le budget de mercredi dernier, ils n’ont pas encore assez peur », affirme Mme Bourgault.
Quant à elle, la directrice de ValoriZaction de Saint-Jean-Port-Joli, Marie-Josée Bélanger, explique que son budget total équivaut à peu près au salaire de deux gestionnaires et d’une secrétaire du CISSS. Or, elle compte quatre employés, deux bâtiments, des frais fixes et des assurances collectives.
« Admettons que tu as envie d’avoir un projet, puis que tu réussis, de peine et de misère, à te faire un petit surplus, tu dois te justifier x1000, car tu ne peux pas avoir de surplus. Je suis d’accord avec le fait qu’on n’est pas fait pour ça, mais si on veut développer un peu, il faudrait au moins avoir l’autonomie de décider ce qu’on va faire avec », ajoute-t-elle.
D’ailleurs, les différentes intervenantes des organismes ont tenu à clarifier qu’elles ne remettent pas en question la collaboration des intervenants du CISSS, mais bien le système.