17 avril 2024

Naviguer dans l'univers des troubles neurocognitifs

Plus d’un demi-million de Canadiens vivent avec un trouble neurocognitif et cette quantité devrait atteindre 1,7 million d’ici 2050. En Chaudière-Appalaches, ce sont plus de 11 000 personnes qui doivent composer avec ce diagnostic.

La Magnymontoise Chantal Guimont agit à titre de proche aidante pour sa mère qui souffre d’Alzheimer. Mme Guimont s’interrogeait par rapport à la condition de sa génitrice, elle qui avait de la difficulté à nommer des choses. À la suite d’une parution dans L’Oie Blanche invitant les gens à assister une pièce de théâtre offerte par la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches en 2017, Mme Guimont a pu obtenir certaines réponses à ses questions après le visionnement de la représentation. « J’ai réalisé que c’était un commencement. C’est quelque chose qui est dur à prendre et nous évoluons dans le temps avec la progression des constats que nous faisons », a-t-elle indiqué. Selon elle, un citoyen vivant avec un trouble cognitif demeure un humain à part entière, qui a son histoire et son vécu. Par conséquent, elle suggère de ne pas changer son attitude envers lui. « Il faut l’accompagner. » À cet égard, elle relate que la Société Alzheimer Chaudière-Appalaches donne un précieux coup de pouce grâce, entre autres, aux rencontres pour les proches aidants. « C’est très intéressant! Cela nous montre que nous ne sommes pas seuls. Également, le CLSC offre des services pour soutenir la famille immédiate. Les intervenants sont très dévoués. À partir du moment où l’on frappe à une première porte, c’est magique car les professionnels sont habitués et ils établissent des liens et font des démarches pour nous », a-t-elle détaillé. Infirmière de métier, Mme Guimont a travaillé pendant une décennie dans un centre d’hébergement pour personnes âgées. Par conséquent, elle a côtoyé des gens qui doivent composer avec cette condition médicale. Cependant, lorsque l’Alzheimer touche un membre de sa famille, la situation est beaucoup plus complexe. « On perd tous nos repères. Nous avons besoin d’accompagnement. » Elle ajoute qu’un citoyen qui voit l’un de ses complices souffrir de cette maladie doit faire un deuil blanc. « C’est d’avoir la personne physiquement devant nous, mais sans avoir les mêmes discussions et réactions. » Mme Guimont assure qu’il ne faut pas avoir honte des gens qui sont soutenus et ne pas se priver de sortir avec eux dans des activités sociales. « Être un proche aidant, ce n'est pas être derrière ni devant, mais être à côté de la personne. »