15 avril 2024

Travailleurs étrangers : une bouffée d'air frais au menu

En embauchant des travailleurs étrangers cet été, certains restaurants dans la région ont permis à leurs employés de souffler un peu tout en comblant en partie le problème de pénurie de main-d’œuvre qui affecte, notamment, le secteur de la restauration. « Mes employés qui travaillent 40 heures par semaine en faisaient 50-55. Ils étaient essoufflés. Les travailleurs immigrants ont été accueillis à bras ouverts. Ils ont permis aux réguliers d’avoir un horaire moins chargé », ont mentionné les propriétaires du Restaurant À la Rive de Montmagny, Nathalie Ménard et Michel Lechasseur. Malgré les bienfaits qu’ils apportent, la venue de travailleurs étrangers ne se fait pas sans heurts et cela engendre des coûts importants. « Nous sommes passés par une agence. Comme ils arrivent avec très peu de choses, il a fallu leur avancer de l’argent afin qu'ils puissent se procurer des biens essentiels. » D’ailleurs, les ouvriers ont mis le pied au Québec un mois plus tard que prévu. Des outils de traduction ont été utilisés afin de réduire la barrière de la langue. « C’est une adaptation autant pour eux que pour nous. On devait s’habituer à leur façon de travailler et vice-versa », ont-ils mentionné. Un portrait similaire Le restaurant La Coureuse des Grèves de Saint-Jean-Port-Joli a aussi fait appel à une firme afin d’accueillir des employés étrangers temporaires. « Nous avons eu deux très bons jeunes. Ils étaient à la fois gentils et travaillants. Ils parlaient uniquement en espagnol mais, avec les outils techniques, c’est quand même facile de communiquer avec eux », de dire la copropriétaire de la Coureuse des Grèves, Violaine Thibault, ajoutant que des membres de l’équipe ont appris une petite base de cette langue avant la venue des ouvriers. Un peu comme à Montmagny, Mme Thibault a reconnu que ce n’est pas une mince tâche d’accueillir de nouveaux travailleurs. « Il y a plein de paperasse et d’insécurité quant à savoir à quel moment ils auront leurs permis. De plus, il y a les billets d’avion et la question des assurances. C’est beaucoup de besogne. » Le premier travailleur est arrivé au mois de mai et le second deux semaines plus tard. Ces derniers ont appris leurs tâches en observant au départ leurs collègues. Ceux-ci faisaient la vaisselle en plus de préparer les légumes. « Nous passons des annonces et personne ne postule. Sans dire qu’ils ont sauvé notre été, ils ont changé la donne. Ç’a été une bénédiction de les avoir. Ils étaient présents chaque jour, s’adressaient à nous avec respect et étaient très reconnaissants. Ils ont vraiment amené une attitude positive en cuisine. » Afin de passer à travers une saison touristique achalandée, Mme Thibault estime que la marche à suivre est d’embaucher des travailleurs provenant d’autres pays. « Sinon, on presse le citron de nos employés. Sans eux, nous pouvons y arriver mais nous devons prendre des décisions crève-cœur. Par exemple, nous avons déjà fermé deux jours par semaine, ce n’est pas ce qu’on souhaite en saison touristique. » Les deux travailleurs temporaires ont aimé leur expérience à un point tel qu’ils devraient être de retour l’an prochain. De plus, La Coureuse des Grèves a fait une demande pour un salarié spécialisé. À ce moment, le candidat possède un permis ouvert d’une durée de trois ans. « Une personne devrait venir nous rejoindre ce printemps. S’il est heureux chez nous, c’est certain qu’il sera là pour quelques années. Nous comptons en prendre bien soin. »