17 avril 2024

Un plateau qui se digère mal pour Soupe au bouton

Le nombre de demandes pour les dépannages alimentaires de l’organisme Soupe au bouton de Saint-Jean-Port-Joli a fait un bond de 43 % en novembre 2023 par rapport à la même période l’an dernier. Au total, il y a eu 116 dépannages comparativement à 81 en novembre 2022. «Pour nous, le mois de novembre est un record, un triste record. Nous avons eu énormément de requêtes», a mentionné le directeur de Soupe au bouton, Daniel Darveau. Parmi celles-ci, certaines provenaient de travailleurs qui n’arrivent pas à rejoindre les deux bouts ainsi que de citoyens qui ont demandé de l’aide pour la première fois. En date du 6 décembre, Soupe au bouton avait effectué 30 dépannages. «Lorsque je suis arrivé à l’organisme, on parlait d’une quarantaine par mois.» Du même élan, il a ajouté que la quantité d’individus demandant de l’aide a augmenté de façon exponentielle depuis la pandémie. «C’est toujours inquiétant de voir qu’il y a de plus en plus de gens qui ont besoin d’appui. La situation économique n’est pas facile et nous sentons les citoyens déstabilisés depuis la pandémie. » Daniel Darveau admet qu’il a toujours la crainte de manquer de denrées pour épauler les gens, car l’inventaire n’est pas régulier. Oser demander Selon le directeur, quelqu’un qui demande de l’aide doit piler sur son orgueil et cela prend du courage. À cet égard, il assure que les gens sont accueillis sans jugement. « L’important dans la vie, c’est de demander de l’aide. C’est lorsque nous ne le faisons pas que cela peut devenir dramatique.» En guise de conclusion, M. Darveau a tenu à saluer le travail effectué par les bénévoles. « Sans eux, on pourrait oublier la cuisine collective, la soupe populaire et les repas communautaires. Également, ils font le tri des légumes que nous recevons. Les bénévoles sont au cœur de notre mission.» Formule appréciée Lors du passage du Journal, Soupe au bouton tenait sa traditionnelle soupe communautaire du mercredi.  À cette occasion, toute la population est invitée à venir déguster ce plat sous forme de contribution volontaire. Parmi les gens présents, il y avait le docteur à la retraite, Gilles Labrecque.  « Je viens, car la soupe est bonne! De plus, j’apprécie grandement la formule. Ceux qui n’ont pas d’argent ne paient pas et ceux qui en ont peuvent contribuer.  Il n’y a pas de classe sociale ici. C’est un beau lieu de rassemblement», a-t-il constaté.