Vers la parité dans les conseils municipaux

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Par Katy Desjardins
Vers la parité dans les conseils municipaux
Crédit: Assemblée nationale.

La région de Chaudière-Appalaches se situe assez loin en termes de parité dans les conseils municipaux étant la deuxième région administrative avec le taux de femmes élues le plus bas parmi les 17 dans la province. Le Réseau des groupes de femmes de Chaudière-Appalaches (RGFCA) souhaite donc encourager plus de femmes à se présenter aux prochaines élections municipales de 2021.

Andrée Larouche est responsable du projet de recherche du RGFCA rendu publique en mars 2021 afin de brosser un portrait de la représentation féminine au sein des conseils municipaux de Chaudière-Appalaches. Il s’agissait de la première étape de l’organisme dans leur projet régional En route vers l’égalité et la parité en Chaudière-Appalaches qui est financé par le secrétariat de la Condition féminine. Celui-ci vise à augmenter le nombre de candidates et d’élues aux élections municipales de novembre 2021.

Mme Larouche déplore le fait que la région de Chaudière-Appalaches soit loin de la parité. Pour être considéré paritaire, le conseil municipal doit être constitué de 40% à 60% de femmes. Selon l’organisme, parmi les 136 municipalités dans la région, seule 37 d’entre elles ont un conseil se situant dans cette zone.

En fait, peu de femmes se présentaient aux élections, malgré un taux de victoire assez élevé pour celles-ci dans les municipalités qui avaient des candidates. « Il y a peu d’élues, tout simplement car il y a peu de candidates. Pour une femme, environ trois hommes se présentent aux élections », explique Mme Larouche.

Plusieurs enjeux semblent empêcher les femmes à se présenter en politique ou d’y rester. Mme Larouche mentionne d’abord que celles-ci semblent avoir plus de difficulté à prendre la parole au sein d’un conseil formé d’une majorité d’hommes. Cela serait encore pire si une femme est la seule de son genre au sein du groupe. Elles auraient aussi tendance à voir leur propos comme paressant moins crédibles comparativement à ceux des hommes. « Avant de lutter pour leurs idées, les femmes doivent d’abord lutter pour leur crédibilité. »

Elle pointe ensuite le fait que les femmes semblent souvent se retrouver avec les dossiers « mous » ou les dossiers qui ne demandent pas beaucoup de travail. Cela en démotiverait plusieurs qui voulaient apporter des changements dans leur milieu en s’impliquant.

Le meilleur levier pour faire changer les choses

Marie-Eve Proulx est la ministre déléguée au Développement régional, mais avant de débuter sa carrière en politique provinciale en 2018, elle a été mairesse de Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud de 2009 à 2013 après avoir effectué un mandat de conseillère.

La situation n’a pas évolué beaucoup depuis qu’elle a été mairesse, car le pourcentage de femmes qui occupent ce poste dans la région est resté le même selon ses constatations. « Plus les femmes seront présentes en politique, plus elles auront l’occasion d’influencer les institutions démocratiques et les rendre plus accueillantes et adaptées à la réalité de toute la population ». Elle encourage les femmes à se lancer dans l’aventure, car à son avis, la politique municipale est le moyen d’avoir le plus d’incidence sur son milieu rapidement.

« Il n’y a rien de plus valorisant que de pouvoir influencer concrètement son milieu de vie. Ce qui m’a animé dans la politique, c’est que c’est un levier pour changer les choses, pour changer le monde (…) Si les femmes de la région de Chaudière-Appalaches trouvent qu’il y a quelque chose à changer dans leur milieu, c’est par la politique municipale qu’elles peuvent le faire. »

Quelques pistes de changement

Au terme de sa recherche, le RGFCA émet 33 recommandations afin d’attirer plus de femme en politique municipale. Mme Andrée Larouche de l’organisme explique que c’est le système qui doit changer, pas les femmes qui doivent s’y adapter. « Les femmes sont là, elles peuvent s’impliquer, il faut seulement défaire les barrières structurelles qui les empêchent de faire le saut. Il faut changer le système et non les femmes. »

Mme Larouche ajoute qu’il devrait y avoir des formations à l’égalité des genres dans les institutions afin que les deux sexes apprennent à travailler en harmonie. « Ça s’apprend travailler avec des femmes. Ça s’apprend travailler avec des femmes comme nos égaux et non pas pour prendre les dossiers qu’on n’a pas le gout de faire. »

Finalement, elle croit qu’il est important de mettre en valeur davantage les femmes qui sont présentement en poste au sein d’un conseil afin que leur expérience puisse en inspirer d’autres. C’est pourquoi le RGFCA organisera plusieurs conférences virtuelles où les femmes qui hésitent à se lancer en politique municipale pourront poser leurs questions à des élues.

Crédit: RGFCA.
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