Une fermeture difficile à avaler pour les commerces de détail

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Par Katy Desjardins
Une fermeture difficile à avaler pour les commerces de détail
Annie Gagnon et Valérie Lebel, deux commerçantes de Montmagny.

Les acteurs du commerce de détail de Montmagny ont fait une sortie publique vendredi passé afin de dénoncer la situation critique dans laquelle la fermeture, pour une troisième fois, des commerces jugés « non-essentiels » les a placés. Selon ceux-ci, le gouvernement provincial doit accorder plus de souplesse dans les prêts non pardonnables qu’ils offrent.

Après avoir constaté la situation de détresse dans laquelle les commerces de détail de la ville semblaient se trouver, le groupe Solidarité Montmagny formé du Centre d’Aide aux Entreprises (CAE) de Montmagny-L’Islet, de la Chambre de commerce et d’industrie de Montmagny (CCIM), de la Société de développement économique (SDÉ) de Montmagny, du Centre d’aide et de recherche d’emploi (C.A.R.E.) de Montmagny-L’Islet et du Comité local de développement (CLD) de la MRC de Montmagny est de retour afin de venir en aide aux entrepreneurs de la ville qui se disent au bout du rouleau.

Les commerçants de la ville de Montmagny s’entendent pour dire que la fermeture annoncée avec un 24h de préavis a été difficile à avaler. Annie Gagnon, propriétaire de la Boutique Double Pas, témoigne qu’une cohue s’est formée dans les magasins le mercredi et le jeudi avant la fermeture. Elle ajoute que comme le point de presse étaient à 13h, aucun commerçant ne l’écoutait car les boutiques avaient déjà un fort achalandage, les gens sentant une annonce imminente du gouvernement.

Annie Gagnon a du mal à comprendre pourquoi les petits commerçants sont ceux qui doivent fermer alors qu’ils appliquent toutes les mesures sans exception et qu’il est plus facile pour eux de désinfecter toutes les surfaces très fréquemment à cause de la taille de leur boutique. « Le Costco a une file énorme même si tout ce qu’il vent n’est pas essentiel, je ne pense pas qu’ils sont en mesure de désinfecter tout constamment comme nous on le fait. » Elle croit que c’est plutôt les petits commerces et les petits restaurants qui devraient rester ouverts puisque la pandémie les a frappés plus durement et que ceux-ci ne semblent pas être des lieux d’éclosion. « Pourquoi ce sont toujours les petits qui paient, la petite coiffeuse qui dérange, l’esthéticienne chez elle qui dérange? Nous les petits magasins de rue, on n’en peut plus! », s’exclame Mme Gagnon.

Des prêts non pardonnables

Solidarité Montmagny explique que l’une des principales choses qui doivent changer afin d’aider les commerces de détail est les modalités des prêts offerts par le gouvernement provincial.  « Le prêt présentement n’est pas pardonnable comme pour les restos et les gyms, il n’y a pas de subvention, juste des prêts », explique Isabelle Normand, directrice générale de la SDÉ. Elle ajoute que les boutiques n’ont pu écouler leur marchandise d’hiver à cause de la fermeture précédente, qu’ils viennent d’accoter leur inventaire avec leur marchandise du printemps et qu’ils ne peuvent plus vendre à leurs clients à cause de la nouvelle fermeture. Cette marchandise n’a pas de date de péremption comme celle des restaurants, mais elle se démode et il est difficile de la vendre plus tard.

Plusieurs commerçants ne veulent pas prendre ce nouveau prêt qui leur est offert par le gouvernement, bien qu’ils doivent payer leurs fournisseurs, car ils sont déjà surendettés par les fermetures précédentes. « Oui, il faut que je paie ma marchandise, mais quand je vais arriver au bout et que je vais devoir vendre, je vais encore avoir des prêts à payer. Je ne veux pas laisser des dettes à mes enfants demain matin. »

La CCIM a d’ailleurs interpeller directement le gouvernement à ce sujet la semaine passée par voie de communiqué : « On demande donc au Gouvernement du Québec d’apporter immédiatement des ajustements aux programmes d’aide existants. La survie de nos commerces en dépend », affirme le président, M. Jean-Guy Boulet.

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Pierre Laplante
Pierre Laplante
9 jours

Détresse ! en voici la signification au sens large du mot: Angoisse causée par un sentiment d’abandon, d’impuissance, par une situation désespérée voilà en quelques mots ce que nous subissons tous nous les commerçants. Vous avez obtenu une subvention ? Nous n’y avions même pas droit faute d’argent ou de fond. Une demande initiale de 5,000 $ pourtant si peu et la réponse du comité c’est trop pour une boutique » et pourtant ce n’était que 5,000 $ en vérité. Bon on n’a dû vivre avec et payer de nos poches pas loin de 5 mois de loyers, hydro et tout ce qui englobent les frais fixes. La rue St-Jean Baptiste se meurt littéralement..quand le Covid sera chose du passé et que les visiteurs reviendront se promener sur cette rue typique et unique à Montmagny. On pourra la surnommée la rue Fantôme.