11 avril 2024

Un casse-tête pour le milieu dentaire

La pénurie d’hygiénistes dentaires est une situation complexe et multifactorielle et trouver une piste de solution qui résoudrait le problème est ardu, estime l’aide à la gestion et ex-dentiste de la Clinique de santé dentaire Karine Gagnon, Kevin Henderson.

« Il faut agir à plein d’endroits avec divers moyens. C’est diffiile de savoir lequel aura le plus d’effet et nécessitera le moins d’investissement », a-t-il laissé tomber. Par rapport au fait que les étudiants sont sollicités de partout, de sorte que le recrutement est laborieux dans certains milieux, M. Henderson est conscient que les futurs hygiénistes reçoivent une panoplie de propositions alléchantes.
« N’importe qui aimerait avoir 20 ou 25 % de salaire en plus. Tout le monde souhaite améliorer sa qualité de vie avec l’inflation. C’est normal que les jeunes s’interrogent en lien avec la rémunération. »

Recrutement difficile

De son côté, la gestionnaire et hygiéniste dentaire de la Clinique dentaire de Saint-Jean-Port-Joli, Cynthia Chouinard, admet qu’elle a de la difficulté à accueillir de nouveaux patients, car son l’établissement peine à répondre aux urgences. « Nous allons éteindre les feux, mais nous ne sommes pas en mesure d’intégrer de nouveaux patients dans notre banque tellement la demande est forte. Idéalement, nous aurions deux ou trois hygiénistes supplémentaires. »

En région, le revenu de ce type de professionnel est à partir de 30 $/h. Malgré tout,
Mme Chouinard a de la misère à recruter des prétendants. « Les filles se font solliciter de partout et certaines misent davantage sur un salaire plutôt que les conditions. De notre côté, on joue sur le fait que nous proposons une assurance collective. Également, nous offrons des journées de maladie de plus. » Pour attirer des employés, la clinique embauche parfois des candidats toujours aux études lors de la période estivale à titre d’aide à la stérilisation. « Nous procédons ainsi en leur garantissant un poste après l’obtention de leur diplôme. En théorie, deux filles seront avec nous cet été. »

Pour sa part, M. Henderson constate que le milieu est majoritairement féminin. Il explique que les salariées partent en retrait préventif de 18 à 24 mois. « C’est génial que les femmes puissent s’épanouir dans leur vie personnelle. C’est un boulot difficile physiquement. Plusieurs vont développer des problèmes de tunnel carpien, d’arthrose précoce ou des problèmes de colonne vertébrale. C’est très rare de voir une hygiéniste pratiquer jusqu’à 60 ans. Cela fait en sorte que ça prend davantage de recrues. »

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