21 juillet 2024

Un cri du cœur des RPA

Dans le cadre de la Journée mondiale de la maltraitance faite aux aînés qui se tenait le 15 juin dernier, les résidences privées pour aînés (RPA) de la MRC de L’Islet ont créé le mouvement « On tricote de l’amour » afin de lancer un appel à l’aide au gouvernement. L’objectif, remplir les arbres du secteur de foulards et entourer les résidences d’un « foulard humain » afin de démontrer leur importance dans la communauté.

En mai dernier, le gouvernement du Québec a annoncé une aide financière pour les RPA du Québec. Toutefois, selon Sonia Morin, présidente-directrice générale de Les Quartiers A à L’Islet, certaines modifications ont été apportées à l’entente depuis l’annonce et cette dernière est maintenant en défaveur des petites résidences comme la sienne. Lorsque ces changements seront actifs, à partir de cet automne, elle perdra environ 16 % du financement qu’elle recevait pour l’achat de soins et de services auprès du CISSS de Chaudière-Appalaches. La propriétaire affirme que la situation est déjà difficile pour les petites RPA et qu’une telle diminution lui fait craindre de devoir peut-être fermer ses portes dans les prochaines années. « Quand on est une petite résidence, 16 % c’est la différence entre vivre et mourir et je ne veux vraiment pas avoir à en arriver là. »

$!Chaine humaine chez Les Quartiers A de L’Islet. (Crédit: DanielTPhoto)

En plus du financement, le mouvement souhaite dénoncer les multiples changements dans la réglementation et la certification des RPA qui demandent de nombreuses heures à investir dans la bureaucratie alors que les petites résidences disposent d’une petite équipe.

Afin de dénoncer la situation, Mme Morin a lancé le mouvement « On tricote de l’amour ». Ses collègues des autres RPA de la MRC de L’Islet, soit les Résidences AJ Bourgault de L’Islet et Sainte-Perpétue ainsi que la Résidence Dumas de Saint-Pamphile, ont choisi d’intégrer l’initiative. Le but était de lancer un message d’amour de la part des résidences et des personnes âgées en accrochant des foulards aux arbres. « Même si ce sont des moments difficiles, je ne suis pas une femme qui lance des messages remplis de haine, j’aime rester positive. Je voulais donc lancer un message d’amour à nos décideurs. Les foulards, nos grand-mères en tricotaient par amour pour leurs enfants et ce que nous faisons au quotidien c’est un peu ça tricoter de l’amour avec nos résidents donc je trouvais que l’image était belle. »

Via les réseaux sociaux, d’autres RPA au Québec ont partagé leurs appuis au mouvement, notamment une près de Montréal et une de Sherbrooke qui ont publié des photos des foulards accrochés à leurs arbres.

$!Résidence Dumas de Saint-Pamphile. (Photo de courtoisie)

Un « foulard humain »

En plus des foulards aux arbres, chaque résidence souhaitait créer un « foulard humain » autour de leur bâtiment. Chez les Quartiers A de L’Islet, plus de 130 personnes se sont réunies afin de former une chaine humaine. On y retrouvait des résidents, des employés, mais aussi des membres de la communauté.

Sonia Morin espère maintenant que le gouvernement entendra l’appel à l’aide des résidences un peu partout dans la province. « Depuis 2008, 500 RPA ont fermé au Québec et 90 % d’entre elles étaient des petites comme la mienne. », affirme Mme Morin.

$!Chaine humaine à la résidence de Sainte-Perpétue. (Photo de courtoisie)