Autobus électriques : un virage plus difficile que prévu
La transition vers l’électrification du transport scolaire progresse difficilement sur le territoire du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (CSSCS). Même si les autobus électriques fabriqués par Lion Électrique contribuent à la réduction des gaz à effet de serre, leur utilisation comporte encore certains défis opérationnels, particulièrement en période hivernale.
Le CSSCS compte deux autobus scolaires électriques Lion sur son territoire. Selon l’organisation, les deux véhicules sont toujours en service.
Toutefois, comme ailleurs au Québec, leur rendement est affecté par les conditions climatiques. En hiver, l’autonomie des batteries diminue d’environ 60 %, ce qui exige une planification plus serrée des trajets et des périodes de recharge. Le fabricant indique que ses véhicules on 200 kilomètres à la base.
Les transporteurs scolaires ont également signalé certains enjeux, notamment en ce qui concerne les délais de prise en charge pour l’entretien et les réparations. Ces éléments peuvent compliquer les opérations lorsque surviennent des bris.
Sébastien Roy, de Transport AOJ de Saint-Just-de-Bretennière, a acquis son autobus électrique Lion en 2023. Depuis, il indique que la fiabilité mécanique générale est bonne, mais que certains éléments nécessitent une attention particulière.
« Du point de vue mécanique, c’est rare que ça brise, sauf le chauffage. À chaque année, ça peut tomber en panne et ça coûte environ 1 500 à 2 000 $ », explique celui qui dénonce la fin des subventions pour couvrir les frais de réparations. Il ajoute qu’il faut aussi compter que ces véhicules nécessitent 50 gallons de ‘’fuel’’ par semaine pour le chauffage, des frais qui s’accumulent pour le transporteur.
Il souligne aussi les difficultés liées au service après-vente. Les délais pour obtenir des pièces ou des réparations l’ont forcé à se tourner vers un autre atelier spécialisé à Saint-Georges.
L’hiver ajoute une couche de complexité. Pour préserver la performance de la batterie, le véhicule doit être maintenu à une température adéquate. « Il faut toujours que la batterie soit autour de 15 °C pour être dans les meilleures conditions. Quand il fait très froid, il faut parfois ramener l’autobus pour le recharger et éviter des problèmes », précise M. Roy. Ainsi, selon lui, la gestion quotidienne d’un autobus électrique demeure plus exigeante que celle d’un modèle diesel.
Malgré les avantages environnementaux et la réduction du bruit, l’adaptation aux réalités du terrain demeure somme toute difficile. Sébastien Roy se montre d’ailleurs prudent quant à l’expansion de sa flotte.
« Si j’avais pu revenir en arrière, je n’en aurais pas acheté tout de suite », admet-il.
Également, l’un des principaux freins à l’adoption répandue de ces autobus demeure le coût. Un modèle électrique Lion se vend généralement entre 350 000 $ et 450 000 $, comparativement à 90 000 $ à 120 000 $ pour un modèle diesel.
Dans ce contexte, les programmes d’aide gouvernementaux jouent donc un rôle déterminant. Les subventions peuvent atteindre 150 000 $ à plus de 200 000 $ par véhicule, réduisant considérablement l’écart de prix.
Malgré ces défis, l’électrification du transport scolaire s’inscrit dans les objectifs gouvernementaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre à long terme. Le remplacement progressif des autobus à carburant par des modèles électriques devrait donc se poursuivre au cours des prochaines années.