Chefferie de la CAQ: Drainville courtise la Côte-du-Sud
Candidat à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ), Bernard Drainville dit vouloir profiter de la course pour alimenter un débat d’idées, pour concrétiser certains dossiers et pour repenser des politiques du parti au pouvoir depuis 2018. Il affirme se lancer dans la course par conviction, animé par un profond attachement au Québec et à son développement.
Selon le politicien , le projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis dépasse largement les limites de la grande région de Québec et s’inscrit dans une vision à long terme du développement économique de l’est du Québec, incluant Chaudière-Appalaches, ainsi que les MRC de Montmagny et de L’Islet.
« Ce n’est pas un luxe. C’est une question de prévoyance », affirme-t-il. Il rappelle la vulnérabilité du réseau actuel en cas d’imprévu sur le pont Pierre-Laporte. En effet, une interruption prolongée forcerait les camions à effectuer un détour par Trois-Rivières, un scénario qu’il qualifie de cauchemar pour les entreprises de la Côte-du-Sud. « Juste d’y penser, ça donne le vertige », illustre-t-il.
S’il reconnaît que le projet suscite des débats, Bernard Drainville estime que plusieurs critiques reposent sur une vision à court terme. « On reproche parfois aux politiciens de ne penser qu’à court terme. Le troisième lien, c’est justement l’inverse », soutient-il.
son passé
« Les régions donnent beaucoup au Québec. Elles ont raison de demander un retour sur l’investissement. Nous oublions parfois comment elles contribuent au déveloippement de la province », affirme le candidat.
Il se dit ouvert à un recours accru au privé lorsque le réseau public n’est pas en mesure de livrer les services pour lesquels les citoyens contribuent. « Les Québécois ont droit aux services pour lesquels ils paient par leurs taxes et leurs impôts », énonce-t-il.
Du même souffle, il ajoute que la famille doit redevenir une priorité pour la société. « Il n’y a pas de plus grande valeur que la famille. Après tout, c’est ce qui reste à la fin, » affirme celui qui souhaite mettre en œuvre des baisses d’impôt pour les aider et les encourager à avoir des enfants.
Interpellé sur l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et les incertitudes que cette décision engendre pour les entreprises de la région, le candidat propose une approche qu’il qualifie d’équilibrée.
Il s’inscrit en faux avec la position officielle de son parti en se disant prêt à accorder un droit acquis à certains travailleurs temporaires, à condition qu’ils parlent français, soient établis au Québec depuis au moins deux ans et occupent un emploi dans des secteurs prioritaires. En contrepartie, l’arrivée de nouveaux travailleurs temporaires serait réduite d’autant « afin de limiter la pression sur les services publics. »
Pour ce dernier, cette position est un exemple de son approche équilibrée et humaine.
Face aux inquiétudes des entreprises exportatrices de la Côte-du-Sud, notamment en lien avec les relations commerciales avec les États-Unis, Bernard Drainville souhaite recentrer la stratégie économique du Québec sur les entreprises d’ici, en particulier les PME, plutôt que sur des grandes compagnies étrangères.
Il plaide également pour une vigilance accrue dans la renégociation de l’accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique, soulignant l’importance de protéger des secteurs vulnérables comme la foresterie. « Il faut garder un front uni dans cette négociation. Le président Trump ne demande qu’à nous voir nous diviser », affirme le politicien.
« Je suis un fier nationaliste, un grand amoureux du Québec. Je veux continuer à faire ma part pour renforcer le Québec », énonce-il.
Questionné sur l’appui en demie-teinte du député caquiste de la Côte-du-Sud Mathieu Rivest, qui a soutenu à parts égales les deux candidats à la chefferie, il s’en est dit très heureux.