03 février 2026

Une histoire de terre et de famille passionnée

Sur les terres de la Ferme Hirondelle, à Saint-Fabien-de-Panet, cultivées depuis des décennies par la famille Brisson, le temps semble à la fois suspendu et en constante évolution. Depuis 40 ans, Daniel Brisson y consacre sa vie. À ses côtés, son fils Martin incarne aujourd’hui la cinquième génération à faire vivre cette entreprise agricole, où se côtoient production laitière et production acéricole, au rythme exigeant des saisons.

À 32 ans, Martin Brisson représente une relève engagée et lucide. Diplômé de l’Institut de technologie agroalimentaire en 2013, il a officiellement rejoint la ferme en 2016, après y avoir grandi. « Je suis sur la ferme depuis ma naissance. La passion vient surtout de mon père. Depuis qu’on est jeunes, on le suit partout », raconte-t-il.

L’entreprise des Brisson compte environ 150 têtes de bétail, dont 54 vaches en lactation. En parallèle de la production laitière, ils exploitent une érablière d’envergure. Cette année, près de 7 000 entailles ont été installées, alors que le domaine a le potentiel d’en atteindre 10 000. Ils déneigent également plus de 100 entrées de maison après les soubresauts de Dame Nature.

Un quotidien exigeant

Le quotidien de la ferme est rigoureusement structuré. Les journées y commencent bien avant l’aube. « Je me lève à 5 h 30. La traite débute aussitôt. Le camion de lait arrive à 8 heures, donc il faut avoir terminé et refroidi le lait », explique Daniel Brisson. Le soir, la routine reprend vers 17 h et se prolonge jusqu’à 18 h 30. En plus, il doit alimenter les bêtes et nettoyer leur environnement. « On parle facilement de trois heures de travail de plus », ajoute-t-il.

« Les vaches, elles n’arrêtent jamais. On se répartit les tâches en famille pour réussir à tout faire », souligne Martin, pour qui l’entraide intergénérationnelle est essentielle.

De plus, l’installation des entailles a déjà débuté à l’érablière. « J’étais supposé avoir l’aide d’un installateur, mais il est aussi touché par la pénurie de main-d’œuvre. Je dois donc faire le travail seul », explique Martin.

Le jeune agriculteur se montre d’ailleurs transparent quant aux défis liés au métier. « La conciliation travail-famille et le manque de main-d’œuvre sont probablement les aspects les plus difficiles. La ferme a grossi, mais elle n’est pas encore assez grande pour engager beaucoup de main-d’œuvre. On est dans une phase exigeante », explique-t-il.

De plus, travailler avec son père ou son fils exige communication et respect. « Il faut être capables de se parler et de s’entendre », affirme Daniel Brisson. Sa descendance partage sa vision. « Il faut être conciliants. Sinon, ça ne fonctionne pas », ajoute Martin.

Un futur bien présent

Malgré toutes les embûches, ce dernier nourrit l’espoir de voir un jour une sixième génération prendre la relève. « Elle est peut-être déjà née, j’ai un bébé de 9 mois ! », rigole-t-il.

Après quatre décennies passées sur la ferme, la passion anime toujours Daniel Brisson : « L’agriculture, c’est le plus beau métier. On est maîtres de notre entreprise, on travaille dans la nature. Il faut savoir ralentir parfois pour être capable de continuer. »

Pour Martin, l’agriculture dépasse la notion de métier. « C’est une passion », résume-t-il.

À la Ferme Hirondelle, la relève est bien en place. Reste à voir si une sixième génération viendra un jour prolonger cette histoire familiale, solidement enracinée dans un héritage bâti avec constance, fierté et passion.