Une histoire de terre et de famille passionnée
Sur les terres de la Ferme Hirondelle, à Saint-Fabien-de-Panet, cultivées depuis des décennies par la famille Brisson, le temps semble à la fois suspendu et en constante évolution. Depuis 40 ans, Daniel Brisson y consacre sa vie. À ses côtés, son fils Martin incarne aujourd’hui la cinquième génération à faire vivre cette entreprise agricole, où se côtoient production laitière et production acéricole, au rythme exigeant des saisons.
À 32 ans, Martin Brisson représente une relève engagée et lucide. Diplômé de l’Institut de technologie agroalimentaire en 2013, il a officiellement rejoint la ferme en 2016, après y avoir grandi. « Je suis sur la ferme depuis ma naissance. La passion vient surtout de mon père. Depuis qu’on est jeunes, on le suit partout », raconte-t-il.
L’entreprise des Brisson compte environ 150 têtes de bétail, dont 54 vaches en lactation. En parallèle de la production laitière, ils exploitent une érablière d’envergure. Cette année, près de 7 000 entailles ont été installées, alors que le domaine a le potentiel d’en atteindre 10 000. Ils déneigent également plus de 100 entrées de maison après les soubresauts de Dame Nature.
Le quotidien de la ferme est rigoureusement structuré. Les journées y commencent bien avant l’aube. « Je me lève à 5 h 30. La traite débute aussitôt. Le camion de lait arrive à 8 heures, donc il faut avoir terminé et refroidi le lait », explique Daniel Brisson. Le soir, la routine reprend vers 17 h et se prolonge jusqu’à 18 h 30. En plus, il doit alimenter les bêtes et nettoyer leur environnement. « On parle facilement de trois heures de travail de plus », ajoute-t-il.
« Les vaches, elles n’arrêtent jamais. On se répartit les tâches en famille pour réussir à tout faire », souligne Martin, pour qui l’entraide intergénérationnelle est essentielle.
De plus, l’installation des entailles a déjà débuté à l’érablière. « J’étais supposé avoir l’aide d’un installateur, mais il est aussi touché par la pénurie de main-d’œuvre. Je dois donc faire le travail seul », explique Martin.
Le jeune agriculteur se montre d’ailleurs transparent quant aux défis liés au métier. « La conciliation travail-famille et le manque de main-d’œuvre sont probablement les aspects les plus difficiles. La ferme a grossi, mais elle n’est pas encore assez grande pour engager beaucoup de main-d’œuvre. On est dans une phase exigeante », explique-t-il.
De plus, travailler avec son père ou son fils exige communication et respect. « Il faut être capables de se parler et de s’entendre », affirme Daniel Brisson. Sa descendance partage sa vision. « Il faut être conciliants. Sinon, ça ne fonctionne pas », ajoute Martin.
Malgré toutes les embûches, ce dernier nourrit l’espoir de voir un jour une sixième génération prendre la relève. « Elle est peut-être déjà née, j’ai un bébé de 9 mois ! », rigole-t-il.
Après quatre décennies passées sur la ferme, la passion anime toujours Daniel Brisson : « L’agriculture, c’est le plus beau métier. On est maîtres de notre entreprise, on travaille dans la nature. Il faut savoir ralentir parfois pour être capable de continuer. »
Pour Martin, l’agriculture dépasse la notion de métier. « C’est une passion », résume-t-il.
À la Ferme Hirondelle, la relève est bien en place. Reste à voir si une sixième génération viendra un jour prolonger cette histoire familiale, solidement enracinée dans un héritage bâti avec constance, fierté et passion.