16 janvier 2026

CNESST : une éducatrice déboutée

La contestation d’une éducatrice en service de garde du Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (CSSCS) a été rejetée récemment par le Tribunal administratif du travail (TAT). La CNESST ne lui versera donc pas de prestations pour les douleurs à la hanche gauche, et c’est le manque de crédibilité de la plaignante qui a pesé lourd dans la décision.

D’abord, la femme expliquait que ses douleurs s’étaient installées progressivement, accumulées au fil de ses tâches quotidiennes, comme les marches dans l’école et la cour sur un terrain parfois inégal, la montée des escaliers ou les longues périodes debout. Le 10 novembre 2023, elle boitait sévèrement et s’est présentée le lendemain à l’urgence de l’Hôpital de Montmagny. Le médecin lui a diagnostiqué une bursite trochantérienne et une tendinite du moyen fessier gauche.

Devant le Tribunal, pour expliquer son mal, elle a insisté sur les conditions inhabituelles dues au verglas et sur ses déplacements constants entre les escaliers, les vestiaires et le matériel pour les enfants. Cependant, le TAT n’a pas été convaincu.

En effet, elle a avancé plusieurs versions au fil du dossier pour expliquer sa condition, ce qui a miné sa crédibilité, telles que la marche excessive, la position debout prolongée, le terrain inégal, un faux mouvement ou le port de crampons. « La multitude de versions livrées [...] mine la crédibilité de la travailleuse et la fiabilité de son témoignage », écrit la juge administrative.

Le Tribunal conclut que la douleur s’est installée progressivement, empêchant l’application de la présomption de lésion professionnelle, et que les conditions météorologiques n’étaient pas exceptionnelles. Sur le plan médical, si certains médecins associent les douleurs aux tâches de travail, l’avis du médecin expert de l’employeur l’emporte. Selon ce dernier, l’employée présente une condition personnelle dont l’étiologie peut être multifactorielle. L’imagerie révèle des atteintes aux deux hanches et des déchirures tendineuses, sans preuve de sollicitation excessive liée au travail.

Le Tribunal rappelle aussi que des facteurs personnels de sa vie l’ont placée dans des situations exigeant de fréquents déplacements, qui ont pu jouer un rôle, tels que les escaliers à la maison, la chasse à l’orignal et la garde d’un chien.

« Il s’agit en l’instance de la manifestation fortuite d’une symptomatologie douloureuse au travail », conclut le Tribunal, confirmant la décision de la CNESST. Pour la femme, le doute entourant sa version des faits lui aura coûté l’accès aux prestations qu’elle espérait.