Déçue de sa Subaru, la poursuite d’une acheteuse rejetée
Convaincue d’avoir acheté un véhicule défectueux, une acheteuse de la région espérait obtenir réparation devant la Cour du Québec du district judiciaire de Montmagny. Malheureusement pour elle, sa réclamation de 5 801 $ contre son concessionnaire Subaru a récemment été rejetée, le tribunal concluant que la preuve ne démontrait pas un vice pouvant engager la responsabilité du vendeur.
L’automobiliste avait acheté en octobre 2022 sa Subaru Crosstrek 2019 d’occasion affichant un peu plus de 55 000 kilomètres. « Je voulais le garder longtemps », a-t-elle témoigné. Elle avait aussi souscrit une garantie prolongée de plus de 2 200 $.
Rapidement, des inquiétudes apparaissent. Dès janvier 2023, l’acheteuse retourne chez le concessionnaire, affirmant que le moteur claque et fait un sifflement en reculant. Selon le directeur du service de vendeur, le bruit provenait d’un cordon de rouille sur les disques de freins. Quant au moteur, il aurait simplement présenté les caractéristiques normales d’un moteur Subaru de type boxer, plus bruyant qu’un moteur en ligne ou en V.
Également, à partir de l’été 2023, l’automobiliste multiplie les visites au concessionnaire afin de faire vérifier le niveau d’huile, affirmant que sa consommation était trop élevée. Les bons de travail déposés en preuve révèlent qu’environ 1,875 litre de ce fluide a été ajouté sur plus de 25 000 kilomètres.
Pour l’entreprise, cette situation demeure conforme aux normes du manufacturier. « Jusqu’à preuve du contraire, le moteur ne consomme pas trop d’huile », soutient son représentant, en rappelant que Subaru Canada considère acceptable une consommation pouvant atteindre un litre aux 2 000 kilomètres.
En avril 2024, le moteur du véhicule est remplacé aux frais du manufacturier, même si le véhicule dépasse alors les 100 000 kilomètres. Le bon de travail mentionne que le moteur cogne à froid et que le bloc doit être remplacé.
Malgré cette réparation majeure, l’automobiliste affirme que le véhicule n’allait pas mieux. Elle dit avoir perdu confiance et décide de s’en départir. « Subaru, j’en ai eu. Subaru, j’en veux plus et Subaru, j’en n’aurai plus », écrit-elle dans sa mise en demeure. Elle soutient également avoir perdu 2 000 à 3 000 $ lors de l’échange du véhicule en raison du moteur remplacé.
Au terme de son analyse, le juge Christian Boutin note des lacunes importantes dans la preuve présentée par la demanderesse, notamment sur une bonne tranche de vie de la voiture et sur sa perte financière alléguée. Il conclut que la consommation d’huile n’était pas déraisonnable, et que les éléments présentés ne permettent pas de conclure que le nouveau monteur était également défectueux.
Ultimement, la Cour tranche en faveur du concessionnaire. Elle rappelle que les attentes d’un consommateur doivent être modulées selon la nature du bien. « Les attentes légitimes de l’acheteur sont plus grandes pour un bien neuf que pour un bien usagé », conclut le magistrat.