28 février 2026

Des échanges internationaux au cœur de l’attractivité à la MRC de Montmagny

La MRC de Montmagny mise sur l’ouverture internationale pour renforcer son expertise et favoriser l’attractivité de son territoire. Des partenariats avec la Martinique, le Costa Rica et l’Alberta francophone permettent d’accueillir des professionnelles venues d’ailleurs, tout en enrichissant les pratiques locales.

C’est lors d’un séjour de travail en Martinique que Nancy Labrecque, directrice générale de la MRC a découvert le potentiel de ces échanges. « Pendant trois mois, je continuais à travailler pour la MRC, mais je m’intégrais aussi aux actions et aux services sur place pour voir comment ils fonctionnaient », explique-t-elle. Sur le terrain, dans le cadre d’activités liées aux milieux humides, elle fait la rencontre de Céline Héloïse, alors animatrice pour un organisme environnemental.

« Ce qui m’a marquée, c’est qu’en Martinique, ils avaient déjà un plan climat », raconte-t-elle. Informée qu’un poste allait s’ouvrir à la MRC de Montmagny, Céline Héloïse manifeste son intérêt pour venir travailler au Québec. Elle entre en fonction en novembre 2024 et en est aujourd’hui à sa deuxième année au sein de l’organisation.

« Le plan climat s’inscrit dans le Plan pour une économie verte 2030 du gouvernement du Québec », explique Céline Héloïse. Comme une cinquantaine d’autres MRC, Montmagny s’est lancée volontairement dans la démarche.

Le travail repose sur deux axes majeurs. « Il y a l’adaptation, soit comment on se prépare aux vagues de chaleur, aux inondations ou aux sécheresses, et comment on adapte nos infrastructures. Il y a aussi la réduction, où l’on dresse un portrait des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire », déclare-t-elle.

Pour elle, un élément est fondamental. « Le mot-clé, c’est mobilisation. On ne peut pas faire un plan climat en vase clos. Il faut travailler avec les municipalités, aller sur le terrain et intégrer la réalité locale, sinon le plan ne sera pas applicable. »

Un regard neuf sur les régions
du Québec

Originaire de la Martinique, Céline Héloïse dit avoir découvert un Québec bien différent des clichés : « On parle souvent de Montréal ou de Québec, mais il y a des régions magnifiques comme Montmagny ou le fjord du Saguenay. C’est vaste, diversifié et très beau. »

Elle souligne aussi plusieurs similitudes culturelles et environnementales. « On vit près de l’eau, il y a une biodiversité riche, et un attachement très fort au territoire et à la culture. »

Si le mal du pays est parfois présent, elle l’assume. « C’est normal quand on part travailler ailleurs. Il y a des sacrifices, mais on sait pourquoi on le fait », énonce-t-elle.

La mobilité internationale
comme levier

Cette ouverture se reflète aussi dans le parcours de Tatiana Guzman, agente en mobilité à la MRC depuis l’automne. Originaire du Costa Rica, elle est arrivée à Montmagny après avoir découvert la MRC par l’entremise de contacts universitaires.

« Je voulais découvrir d’autres cultures francophones et avoir une expérience professionnelle concrète. Quand l’occasion s’est présentée, j’étais vraiment reconnaissante », explique-t-elle.

Son travail consiste notamment à préparer une mission avec la Martinique, une mission prévue en Alberta francophone en 2026 et à explorer un partenariat émergent avec le Costa Rica, notamment avec des universités offrant des programmes en français.

Un choix assumé pour l’avenir

Pour la direction de la MRC, ces partenariats sont stratégiques. « L’ouverture culturelle est bénéfique pour toute l’organisation. Quand les nouveaux arrivants se sentent accueillis et accompagnés, ça fait une différence », énonce Nancy Labrecque.

Dans un contexte où les régions doivent rivaliser avec les grands centres pour attirer des talents, la MRC de Montmagny voit dans ces échanges une voie d’avenir. « Si on crée des liens, il se passe quelque chose. Sinon, il ne se passe rien », conclut-elle.