20 janvier 2026

Faillite de F.F. Soucy : des entreprises prévoient perdre plus d’1,7 M$

La faillite de F.F. Soucy, survenue le 23 décembre dernier, se fait sentir jusque sur la Côte-du-Sud. Sept entreprises d’ici ayant fait affaire avec la papetière figurent sur la liste des créanciers pour un montant combiné de 1 711 603,91$

L’avis de faillite déposé fait état d’une liste de créanciers particulièrement imposante. 430 créanciers à l’échelle du Québec, des dettes de 94,5 M$ et des actifs évalués à 8,6 M$. Parmi les créanciers les plus lourdement touchés dans Montmagny-L’Islet, la filière du Groupe Lebel, Bois Daaquam, dont des usines sont situées à Saint-Just-de-Bretenières, Saint-Pamphile et Saint-Aubert, affiche à lui seul des créances de plus de 707 430,32 $. S’ajoutent aussi Transbois TBM, MTY Express, Trans Ray Gauvin, Transport Gilmyr, Emballage LM et Transport Maxi JP.

C’est un véritable coup dur pour le Groupe Lebel. Pour l’entreprise qui évolue dans l’industrie forestière, les pertes directes, incluant ses autres usines dans l’Est-du-Québec, dépassent le million de dollars. « Une usine de pâte et papier, c’est très important pour une région. Les scieries dépendent en partie de ces usines pour écouler leurs sous-produits de transformation primaire du bois », explique Pierre-Olivier Morency, directeur croissance et innovation chez le Groupe Lebel.

La fermeture d’une usine de pâte et papier entraîne des répercussions importantes pour l’ensemble de la filière forestière régionale selon M. Morency. Ces installations jouent un rôle clé en servant de débouché aux sous-produits issus des scieries, notamment les copeaux de bois, qui constituent l’intrant principal de la fabrication de la pâte. Lors de la transformation du bois d’œuvre, seule une partie du tronc est convertie en planches, tandis qu’une proportion importante de la matière restante doit être valorisée, notamment en copeaux de bois.

Un contexte déjà fragilisé

L’entreprise forestière avait remarqué un déclin dans le secteur du papier journal amorcé depuis plusieurs décennies. Selon les échos que le Groupe Lebel a reçus, F.F. Soucy semblait travailler sur un plan de relance où des investissements massifs étaient prévus pour moderniser les installations. Un scénario qui n’a jamais vu le jour. « Pour le Bas-Saint-Laurent, ce n’est pas une surprise, mais on ne souhaite jamais voir ça arriver », confie M. Morency. L’usine de pâtes et papier située à Rivière-du-Loup était en arrêt de production l’été.

Peu d’espoir de récupérer les sommes dues

Si quelques créanciers sont garantis, dont la Banque Royale du Canada, Investissement Québec ainsi que les salaires et les vacances des employés sont dans les créanciers privilégiés, la grande majorité ne le sont pas. L’espoir de retrouver les sommes dues est au plus bas. « On ne fonde pas beaucoup d’espoir sur le fait de revoir cet argent-là », admet Pierre-Olivier Morency. Cette créance s’ajoute à un contexte déjà difficile pour les entreprises forestières, notamment en raison de tarifs américains atteignant 45 %, d’un ralentissement de la demande dans le secteur de la construction résidentielle. « C’est comme un troisième coup dur pour l’entreprise. Ce ne sont pas des nouvelles qu’on aime entendre. »

Le Groupe Lebel n’a pas encore l’information sur quelle période cette somme sera épongée, mais se concentre davantage à mettre en place un plan de match. « À court terme, ce qu’on peut faire, c’est travailler sur ce qu’on peut contrôler. Nos activités, notre productivité, nos opérations, et continuer d’avancer », souligne le directeur croissance et innovation, en rappelant que l’industrie forestière évolue souvent en cycles.

À noter que le Groupe Lebel entretient toujours des relations d’affaires avec Papiers White Birch, propriétaire de l’usine de F.F. Soucy, notamment avec l’usine de Québec. D’ailleurs, Bois Daaquam continuent d’acheminer des volumes notamment vers Québec.