12 juin 2024

Les plus grandes éoliennes au Québec suscitent toujours des craintes à Saint-Paul

Kruger Énergie était de retour à Saint-Paul-de-Montminy le 22 mai dernier afin de rencontrer les citoyens qui avaient encore plusieurs questions concernant le projet de 28 éoliennes de l’entreprise sur le territoire de la Municipalité. Bien que certains se sont montrés rassurés par les réponses des représentants, d’autres se sont dits toujours inquiets de recevoir les plus grandes éoliennes jamais construites au Québec dans leur cour.

Kruger Énergie était de retour à Saint-Paul-de-Montminy pour la troisième fois afin de rencontrer les citoyens à l’École secondaire Saint-Paul. Selon les représentants, la rencontre a été organisée, car plusieurs questions ont été transmises à l’entreprise, la MRC de Montmagny ou encore la Municipalité de Saint-Paul-de-Montminy dans les dernières semaines. Une centaine de personnes, citoyens de la Municipalité ou des alentours, propriétaires de résidences secondaires dans le secteur et représentants des Municipalités avoisinantes et de la MRC, se sont présentées. Jean-Robert Poulin, directeur développement de projet chez Kruger Énergie, a d’abord fait une courte présentation. Ensuite, accompagné de ses collègues Pierre-Luc Vandal, et Gilles Côté, il s’est rendu disponible pour répondre aux questions du public. Les gens ont partagé leurs interrogations et préoccupations pendant environ trois heures.

Kruger avait aussi de nouvelles simulations visuelles à présenter à la suite de demandes de citoyens au cours de la dernière présentation, notamment autour du Lac Jally et du Lac Gosselin.

Les représentants de Kruger ont également confirmé que les éoliennes d’une puissance de 7 MW qui seront installées à Saint-Paul-de-Montminy seront celles avec les plus grandes palles au Québec. Elles seront aussi parmi les plus hautes.

Selon les informations de Kruger Énergie, le mât des éoliennes aura un auteur de 118 m. Au sommet de ce dernier sera installé le rotor qui fera tourner les palles. Le diamètre total de rotation sera de 163 m, ce qui signifie que les palles auront une longueur d’environ 80 m chacune. À titre comparatif, un terrain de football américain mesure environ 110 m. Lorsque la palle sera en position verticale, la hauteur totale de l’éolienne atteindra donc environ 200 m.

D’autres éoliennes en Montérégie, également construites par Kruger, sont présentement opérationnelles et elle atteindrait aussi une hauteur d’environ 200 m à leur plus haut point. Toutefois, celles prévues pour Saint-Paul sont plus puissantes et la longueur des palles sera plus grande, le rotor de celles en Montérégie est simplement plus haut, ce qui explique qu’elles aient la même hauteur totale.

40 dB c’est quoi?

Les questions posées par une majorité des citoyens concernaient le niveau sonore qui sera amené par le parc éolien. Selon les règlements en vigueur, ce dernier ne peut pas dépasser 40 dB au mur extérieur d’une résidence (autant une résidence permanente que secondaire). Plusieurs avaient toutefois exprimé lors de la dernière rencontre qu’il était difficile de vraiment s’imaginer ce que représentait ce niveau sonore.

Lors de la dernière rencontre, Kruger a présenté une simulation dans la bibliothèque de l’école à l’aide de haut-parleurs et d’un sonomètre. Un acousticien était aussi présent pour répondre aux questions spécifiques en lien avec le son.

Certains citoyens se sont dits rassurés par cette simulation, mais quelques-uns ont exprimé au micro une crainte que le niveau de son soit plus élevé que celui prévu par les estimations produites par ordinateurs lorsque le parc sera construit. À cela, les représentants de Kruger ont affirmé qu’ils ont l’obligation de se conformer au règlement en place et que, dans le cas où un citoyen aurait un niveau de son supérieur à celui permis, la compagnie aura l’obligation de réduire ce niveau en modifiant les paramètres de fonctionnement des éoliennes.

Formation d’un comité de travail

Lors de la rencontre d’information, Kruger a annoncé qu’un comité de travail sera prochainement formé afin de revoir au besoin la position de certaines éoliennes ou de la ligne aérienne qui transportera l’électricité vers Montmagny en passant par Notre-Dame-du-Rosaire.

Bien que le processus de formation de ce comité n’ait pas été révélé, les représentants de Kruger ont affirmé qu’il sera composé de représentants de la MRC, des municipalités concernées et de citoyens. Le but de ce groupe de travail serait de regarder la position de chaque éolienne afin de s’assurer qu’aucune d’entre elles n’est située à un lieu qui pourrait brimer l’activité touristique, économique ou encore la qualité de vie des citoyens. Bien que l’entreprise ait fait ses propres études sur le sujet, elle souhaite entendre directement les gens sur le sujet.

Plusieurs millions pour Saint-Paul

Certains citoyens ont avoué voir d’un bon œil les revenus que l’arrivée de ce projet représente pour Saint-Paul-de-Montminy. En effet, seulement via les redevances au milieu, environ 50 M$ seront remis sur les 30 ans de durée de vie du projet. Environ la moitié de cela ira directement à Saint-Paul-de-Montminy, et l’autre ira à l’Alliance de l’énergie de l’Est qui est partenaire du projet. Cette partie du montant sera divisée parmi les membres de ce regroupement, dont la MRC de Montmagny à 5 %. La MRC choisira ensuite comment elle remet le montant à chaque municipalité, mais cela représentera une autre source de revenus pour Saint-Paul. De plus, comme l’Alliance de l’Est est partenaire à 50 % du projet avec Kruger, elle recevra 50 % des revenus générés par la vente d’électricité. L’Alliance répartira également ce montant parmi ses membres. Alors que la Municipalité de Saint-Paul-de-Montminy opère présentement un budget annuel de 2,5 M$ annuellement, cette source de revenus additionnelle est une bonne nouvelle pour plusieurs qui ont pris la parole lors de la soirée.

Certains ont toutefois soulevé la question que le coût du projet n’est toujours pas connu, ce qui a été confirmé autant par Kruger que par l’Alliance.

Bien que plusieurs citoyens aient mentionné que les réponses de Kruger ont diminué leurs craintes, d’autres ont exprimé au micro qu’il était difficile pour eux de faire entièrement confiance à l’entreprise et aux promesses faites par cette dernière en amont du projet. Pour ces citoyens, « il faudra le voir pour le croire ».

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