24 février 2024

Les jeunes travaillent plus au détriment de leur réussite scolaire

Dans le contexte actuel de la pénurie de main-d’œuvre, les entreprises comptent de plus en plus sur les jeunes pour soutenir leur productivité. Travailler trop peut toutefois avoir plusieurs impacts sur la réussite scolaire d’un adolescent. La directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Montmagny, Caroline Gimbert, rappelle aux parents l’importance de s’assurer que son enfant accorde une place importante à la conciliation travail-étude pour favoriser sa réussite. Caroline Gimbert, directrice générale au Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Montmagny, observe dans ses fonctions qu’il semble exact d’affirmer que les jeunes de la région sont de plus en plus nombreux à travailler pendant l’année scolaire et qu’ils le font de plus en plus jeune. « Récemment, nous avons fait un atelier dans une classe de secondaire 3. Lorsque nous avons demandé qui parmi les jeunes travaillaient pendant l’année scolaire, au moins les trois quarts ont levé la main. En secondaire 3, c’est des jeunes de 13 ou 14 ans ». Selon PRÉCA, soit les Partenaires pour la réussite éducative de Chaudière-Appalaches, les adolescents de la région administrative sont plus nombreux à travailler comparativement à la moyenne québécoise. En effet, 71 % des jeunes de niveau secondaire affirmeraient occuper un emploi alors que la moyenne provinciale est de 53 %. Besoin de travailler Mme Gimbert reconnait qu’une part du blâme peu revenir aux employeurs. Comme ces derniers sont présentement en pénurie de main-d’œuvre, ils ont tendance à engager des adolescents de plus en plus jeunes et à les faire travailler plus d’heures. Elle mentionne toutefois que les jeunes semblent avoir un bien plus grand intérêt pour le travail que dans le passé. « Maintenant, la majorité veut le téléphone le plus récent. Bien des parents refusent de payer cela ou n’ont pas le moyen de le faire. Les jeunes travaillent donc pour pouvoir l’obtenir ». Elle remarque que plusieurs habitudes qu’on prit les jeunes, comme le goût d’avoir des vêtements à la mode et pour certains le vapotage, sont plutôt dispendieuses et demandent des moyens financiers plus grands qu’auparavant. Risque de décrochage Selon PRÉCA, la dernière étude réalisée pour l’année scolaire de 2016 et 2017 montrait qu’environ 30 % des jeunes étaient à risque de décrochage scolaire. Bien qu’elle n’ait pas de statistiques pour appuyer ses observations, Mme Gimbert croit que plus de jeunes sont à risque depuis la pandémie. Elle rappelle à quel point cette période a été difficile pour plusieurs alors que les méthodes d’enseignement avaient complètement changé. Ils se sont aussi vu attribuer la mention R pour réussite plutôt qu’une note lors de cette année scolaire et Mme Gimbert croit qu’à cause de cela, certains ont peut-être passé au niveau supérieur alors qu’ils n’avaient pas les aptitudes pour le faire. Elle pense aussi que l’attribution de cette mention a peut-être empêché de cibler certains jeunes en difficulté pour les diriger vers les classes spécialisées. Pour ces derniers, elle croit qu’il est encore plus important de s’assurer que leur travail ne nuise pas à leur réussite scolaire. Mon choix, mes études Caroline Gimbert du Carrefour jeunesse-emploi affirme que les entreprises commencent de plus en plus à être conscientes de l’importance de la conciliation travail-études pour la réussite des jeunes. Le lancement du projet #Monchoix mes études, piloté par plusieurs Carrefours jeunesse-emploi au Québec, a d’ailleurs pour but de les sensibiliser davantage à cet enjeu. Pour qu’une entreprise puisse adhérer au projet, elle doit accepter que l’étudiant puisse parfois demander des congés afin de se concentrer sur ses études. Cela peut être de demander de se faire remplacer la veille d’un examen afin de s’assurer de comprendre suffisamment la matière pour le réussir. Le site web du projet propose également plusieurs conseils et exercices pour les étudiants et leurs parents sur la conciliation travail-études. Mme Gimbert rappelle aussi qu’il est important pour les parents d’évaluer la situation avec son enfant. Elle explique que si ce dernier souhaite faire de longues études et entrer dans des programmes contingenter aux niveaux supérieurs, il est important de lui faire comprendre qu’il doit dès maintenant prioriser ses études afin d’être en mesure d’atteindre ses objectifs.